Ardoises en Couserans : Opération de réhabilitation de toitures
L'ardoise et l'histoire
Le choix de l'ardoise n'est à l'origine, ni le fait du hasard, ni lié à des critères esthétiques.
Il est le résultat historique d'une adaptation au contenu économique, aux ressources naturelles et aux caractéristiques des différents matériaux qui ont pu être recensés comme technique de prédilection du moment.
"Le chaume a joué (...)un rôle immense que l'aspect actuel des villages ne nous permet nullement de saisir. C'était, sauf en Bellongue, la couverture essentielle du Haut-Couserans... Cette prépondérance a duré longtemps. Les villages d'Aulus et de la vallée de Bethmale, aujourd'hui (...) couverts d'ardoises, n'avaient encore que des toits de chaume, jusqu'au XIX ème siècle.
L'aire des toits de chaume a fondu avec le recul de la culture du seigle...mais bien qu'en déclin, le chaume continue à régner sur les granges en Couserans au début du siècle (le pignon en gradins, fait de folklore, correspond à la zone de survivance des toits de chaume).
Au XIX ème siècle, l'ardoise est abondante dans presque toute la montagne grâce aux affleurements de schistes (...)et a remplacé le chaume aussi bien que les bardeaux de bois utilisés dans le sud-est de l'Ariège.(...) Un peu partout, existaient ces carrières d'ardoise exploitées "par tous ceux qui avaient besoin", comme l'on disait de celle de Portet d'Aspet. C'est ainsi que la Bellongue
, entourée par les ardoisières d'Arrout, de Sar, de Saint Lary, de Portet, a, pour ses maisons, renoncé au chaume de façon précoce(...)."
Cet éclairage historique de Michel Chevalier dans "La vie humaine dans les Pyrénées ariégeoises" (1956) rapelle que l'ardoise n'est pas LE matériaux originel du Couserans. Ses habitants ont su le substituer quand ce fut nécessaire au bardeau et au chaume.
L'ardoise aujourd'hui
Pourquoi s'en tiendrait-on aujourd'hui à l'ardoise comme référence immuable du Couserans alors que la facilité des échanges, la variété, les performances et le coûts des matériaux modernes (shingle, bac acier, tuiles...) n'obligent plus au recours exclusif aux ressources géologiques de l'endroit?.
Il reste que l'ardoise est justement l'un des derniers témoins d'une ére révolue, et qu'à ce titre, elle est une leçon d'histoire, de géologie, de sociologie, l'un de ces repères que l'on ne trouve plus qu'au fond d'un musée: elle a une valeur "culturelle". L'utiliser au quotidien ce n'est ni renier le progrés, ni ignorer la réalité économique, c'est reconnaitre cette valeur culturelle, absente des autres matériaux modernes.
Sa disparition progressive des toitures Couserannaises montre que cette évolution est déjà trés perceptible de l'identité et du caractère des villages.
C'est pourquoi, conscients de l'enjeu que représente la préservation de ce patrimoine, les partenaires engagés dans le contrat de terroir ont décidé de mettre en place une politique d'incitation à la mise en valeur de cet élément emblématique de la qualité du bâti traditionnel en Couserans.
Des financements spécifiques sont prévus dans le cadre du contrat de développement territorial du Haut-Couserans et destinés à subventionner la pose d'ardoises dans les travaux de rénovation de toitures.
- Tous types de bâtiments existants, communaux ou privés, y compris les granges isolées visibles depuis un axe fréquenté,
- les bâtiments neufs lorsqu'ils sont situés à l'intérieur d'un périmètre protégé.
Travaux subventionnés
- Rénovation, réfection ou création de toiture en ardoises naturelles non calibrées, pose traditionnelle (ardoises clouées avec pureaux dégréssifs).
- Les dossiers présentés ne peuvent pas être inférieurs, au total, à 20 m². Le calcul de la subvention est calculé sur un maximun de 100 m² pour un particulier.
Portée jusqu'à 300 m² pour un bâtiment public.
Montant de l'aide
- 50 Euros (327,98 frs) par mètres carrés, dans la limite de 50 % du devis HT lié à l'opération aprés notification par la commission, idem pour ce qui concerne les bâtiments publics.
Subvention maximum: 5000 Euros pour un bâtiment privé, 15 000 Euros pour un bâtiment public
Conditions de paiement
- Sur factures aprés réception conforme des travaux, idem pour les bâtiments publics
Auto-construction
- Seront pris en compte uniquement les agriculteurs à titre principal (droits AMEXA) et les artisants couvreurs. Pour les bâtiments publics, les travaux peuvent également être financés (régie communale)
Subvention
- Base
- Coût des matériaux HT + 30% (mêmes conditions de surface), idem pour bâtiments publics
- Taux
- 50 % maximun
Renseignez vous à la mairie dont dépend votre bâtiment, ou encore auprés de:
Association de Développement du Couserans (ADC) Palétés 09200 St-girons Contact: Sylvie Moskal au 05-61-66-98-91